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Quelques expressions marseillaises I.

Aganter (se faire): verbe francisé tiré du verbe provençal aganta, attraper.
Synonyme marseillais : se faire choper, se faire prendre.
<< Cette andouille, y s’est fait aganter par les condés*. >>… *police
<< T’as vu Ravanelli, y s’est fait aganter par le défenseur ! >>

: Nom masculin provençal désignant l’âne, (qui se dit aussi ase ).
Entre dans diverses locutions injurieuses au sens de têtu :
<< Quel ! >>, ou bien << Dis, teste d’, tu fais un peu ce qu’on te dit oui ?… >>
ou dans le sens de carrément borné :
<< tronche d’ >> ou << con d’>>.

Alibòfis : Nom masculin pluriel désignant les testicules en terme grossier.
Trouve sans doute son origine dans aliboufier, nom provençal du Styrax, arbrisseau qui fournit un baume.
Ses fruits ont été assimilés, dans la langue populaire, aux parties génitales de l’homme.
<< Arrête de me gonfler les alibòfis >>
<< Vé Laurent Blanc dans le mur, d’une main il se protège le moure, et de l’autre les alibòfis >>

Alors-alors : Interjection utilisée en fin de phrase pour indiquer le doute, le scepticisme :
<< Quoi ?… l’OM y vont perdre ! alors-alors >>
Utilisée seule, elle indique que la chose n’arrivera jamais :
<< -Eh Nine, y-a le Gaston qui fanfaronne en disant qu’il t’a tiré un palo…>>
<< -Alors-alors ! ! ! >>

Amandons : Nom masculin pluriel. Même signification que alibòfis.
Trouve sans doute son origine dans une interprétation du français amande.
<< Tu me casses les amandons ! >>, ou bien << Je me gèle les amandons ! >>

Anchois (yeux bordés d’) : Expression de structure française pour parler de quelqu’un
dont le tour des yeux est rougi à cause de la fatigue.
<< Va te coucher, vaï… que tu as les yeux bordés d’anchois ! >>

An pèbre : locution provençale formée des mots an (année) et poivre.
S’emploie pour désigner une localisation chronologique incertaine:
Soit dans le passé :
<< Ou il est Antoine !… maaaa foi… j’ai plus vu sa figure de poulpe depuis l’an pèbre… >>
Soit dans le futur :
<< Bakayoko, il est pas prés de re-planter un but avant l’an pèbre >>

An qué ven (à l’ ) : Locution provençale signifiant à l’année prochaine
Se dit en fin d’année, ou bien dans le stade après le dernier match de la saison…
Un vrai provençal ne dira jamais :
<< bonne fin d’année, et à l’année prochaine !… >>
mais plutôt :
<< Bon bout d’an, et à l’an qué ven >>

Aouf : Néologisme marseillais, issu de l’arabe.
Considéré comme un adjectif qualifiant ce qui est gratuit :
<< Par les temps qui courent, y a plus que l’air qu’on respire qui est aouf>>

Arranger (s’ ) : N’a rien à voir avec le français arrangement .
En langage marseillais s’arranger signifie ajuster ses vêtements.
<< Oh Marius, arrange-toi un peu, on dirait un boumian* (ou une estrasse)… >> * gitan
Ou bien que l’apparence d’une personne s’est améliorée : << T’as vu la fille de Toinou,
qu’est ce qu’elle
s’est arrangée… c’est devenue une vrai bombasse… >>

Autrement : signifie à part ça..
Le plus souvent employé dans la formule  << Et autrement, comment ça va ? >>.

Avançer (s’ ) : se dépécher, se hâter.
<< Avançez-vous, qu’on va être à la bourre… >>

Bàbi : nom masculin provençal signifiant crapaud ou dadais.
Il désignait il n’y a pas si longtemps encore (et de façon peu flatteuse),
les marseillais d’origine italienne (comme le mot  » rital  » dans d’autres régions).
S’emploie encore mais a perdu sa charge dévalorisante :
<< Dans mon quartier, c’est plein de bàbis… >>

Bacala : Nom masculin formé à partir d’une déformation du provençal bacalaù, merluche, morue.
On l’utilise volontiers pour signaler la maigreur d’un individu, homme, femme, ou enfant.
<< Depuis qu’elle a été malade, c’est un vrai bacala… >>


Bader
: Verbe francisé à partir du verbe provençal bada (homonyme du mot précédent), béer.
Bader, c’est regarder stupidement, bouche bée, puis, par extension, admirer.
<< T’as vu Toinou, comme elle le bade, Sylvette ?… >>

Bàfis
: Nom d’origine italienne désignant les moustaches. De l’orthographe transalpine,
un F a disparu, mais la prononciation insiste toujours lourdement sur la première syllabe.
<< Ton grand-père, il a de ces bàfis, on dirait un guidon de vélo !… >>

Balarguer
: Lâcher, lancer, envoyer, le plus souvent avec force :
<< Sauzée, quand y balarguait un coup-franc, attention les filets… >>
Se dit aussi de la rupture sentimentale :
<< La fille de Fernand est libre, elle a balarguée son jules… >>

Balès, balèse : Repris dans le langage familier français, (transformé souvent en balèse.)
Désigne quelqu’un de costaud physiquement ou intellectuellement.
<< Oh fan, il est balès ce Mozer, y-a rien qui rentre ce soir… >>

Ballon
: Dans toutes les autres villes de France, on va au stade pour voir un match de foot de son équipe,
mais à Marseille, on va au ballon pour voir l’Ohème, et plus rien ne compte…

Barjaquer
: Verbe françisé issu du provençal barjacaïre, bavard. A donné sous une forme
prétendue française barjaquer. Se dit de quelqu’un qui bavarde sans cesse,
et se contente de cette activité pour le moins exténuante pour les autres.
<< Le Jeannot, il barjaque, c’est tout ce qu’il sait faire… >>
Il faut savoir qu’un barjacaïre est difficilement supportable,
même pour un marseillais qui, par essence, sait de quoi il s’agit…

Bataclan : Nom masculin provençal qui désigne des bijoux de faible valeur,
très lourds et très voyants. En somme, de la quincaillerie
<< Celle-là, à force, elle va mourir étouffée sous son bataclan !… >>

Bàti-bàti : cette expression marseillaise indique elle-même son sens,
et rappelle, tant par sa sonorité que par sa répétition, le cœur, les battements du cœur,
surtout quand il s’engatse (bat la chamade)…
<< quand l’Ohème mène que d’un but, j’ai le bàti-bàti… >>

: ( note: ne se prononce jamais bé, comme on l’entend à la télévision, mais bè) bien, bon…
Interjection s’utilisant à toutes les sauces.
L’étonnement :
<< Hè bè ! ils ont pris trois buts ?… >> (Hè bè dans le sens de Ha bon).
L’hésitation (en maintenant un peu la voyelle) :
<< Bèèè, je sais pas si je joue cœur ou trèfle… >>
La déception :
<< Hè bè, qu’est ce qu’on a pris ce soir, avec ce tromblon de Porato… >> (Hè bè dans le sens de Hé bien).
La lassitude :
<< Puisque tu triches de longue, bè je me casse… >>

Beau (mon) : Aimable, cher. Se dit au masculin, comme au féminin. Très amical, et familier :
<< – Comme tu vas, mon beau ? – très bien, ma belle, et toi ?… >>

Bèbe (faire la) : Nom féminin issu du provençal bèbo, moue.
En fait, faire la bèbe, c’est plus que faire la moue, c’est franchement faire la gueule !
<<Qu’est-ce qu’il a ton cousin à toujours faire la bèbe ?… >>

Bestiasse : prend le sens de stupide pour désigner quelqu’un qui importune :
<< Oh bestiasse ! avec toi à côté, je deviens gonfle, laisse-moi boire mon pastaga tranquille… >>
Ou bien le sens de celui qui ne donne pas tout ce dont il est normalement capable de fournir :
<< Qué bestiasse ce Dugarry, il a encore rien fait aujourd’hui… >>

Bi : diminutif de bisou. S’emploie le plus souvent par un grand-père envers un enfant :
<< Eh mon gàrri, viens me faire un bi, que ça fait longtemps que je t’ai pas vu… >>

Bìcou : S’emploie dans le sens de petit objet.
<< Passe-moi le bìcou du stylo, que je le referme… >>
Se dit aussi très souvent pour aborder un jeune avec qui on est très familier.
<< Oh bìcou, qu’est-ce que tu me racontes ?… >>
On trouve aussi bicouli (sans l’accentuation sur le I ), pour un enfant plus jeune.
Pour l’anecdote, Bìcou, était le surnom d’Emmanuel Vitria, 1er marseillais à reçevoir une greffe du coeur,
fervent supporteur de l’Ohème, sportif émérite, et qui vécu encore longtemps,
puisqu’il resta le doyen mondial des greffés du coeur pendant 19 ans.

Bisquer : Verbe marseillais issu du provençal biscaïre, qui éprouve du dépit.
Le terme francisé à gardé son sens premier, il signifie râler, être mécontent.
<< Tè, on va le faire bisquer, ça lui apprendra !… >>
Ou bien << Arrête de bisquer de longue, tu me gonfles… >>

Bombasse : néologisme marseillais désignant (parfois avec ironie) une fille pleine de charmes…
<< Oh boucan ! t’as espinché la fille qui vient de passer, c’est une sacrée bombasse… >>
Et quand un minot annonce l’arrivée, au coin de la rue, d’une bombasse atomicasse, attention le choc !!..

Bomber : En provençal, faï boumba, bondir, rebondir, faire rebondir le ballon.
En marseillais, c’est devenu courir vite, en bondissant, fonçer :
<< J’ai bombé pour arriver à l’heure à l’école… >>

Bon bout d’an : Locution typiquement provençale, utilisée chaque année, en décembre.
<< Bonne fin d’année, et à l’année prochaine !… >>, ça donne : << Bon bout d’an, et à l’an qué ven !… >>

Boquer : perdre la face en public. Vraisemblablement issu de prendre un bock.
A Marseille, c’est particulièrement grave. Marcel Pagnol fait d’ailleurs dire à César :
<< L’honneur, c’est comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois… >>
<< Elle l’a fait boquer devant tout le monde. >>

Boucan : Tout le monde sait que le sens populaire de boucan désigne un gros bruit, un tapage.
Mais à Marseille, il désigne aussi le boulet, celui qui ne sait rien faire, l’emmerdeur de première :
<< Qué boucan celui-là, ça fait deux plombes qu’y fait l’arapède*,
je peux pas boire mon canon tranquille…
>> *qu’il me colle

Bouche : il s’agit bien de l’organe qui sert à manger, et à Marseille (peut-être plus qu’ailleurs) à parler.
Progressivement, les marseillais ont utilisé ce terme pour désigner les beaux parleurs,
les prétentieux, les fanfarons : << Qué bouche, ce Jeannot… >>.
Mais si le Jeannot ne sait faire que ça (fanfaronner), alors ça devient : << Que de la bouche, ce Jeannot…  »
Par extension faire une bouche à une fille (ou à un garçon ), tout le monde comprend ce qu’ils se font…

Boudenfle : Nom masculin issu du provençal boudènfla, orgueilleux.
A gardé le même sens. Peut s’entendre péjorativement :
<< Qué boudenfle celui-là depuis qu’il travaille chez Ricard !… >>
Ou bien affectueusement : << Qué boudenfle, ce Cantona, toujours le torse en avant… >>

Boudìou : Interjection issue des mots provençaux boun, bon, et Dìou, Dieu.
( note : ne se prononce jamais boudiou, comme on l’entend à la télévision,
ou au-dessus de la Loire, mais bien boudìou, en accentuant le I ).
S’emploie pratiquement dans toutes les situations :
La satisfaction :
<< Boudìou, qu’il était beau ce film !… >>
La surprise :
<< Boudìou, mais t’es pas encore parti ?… >>
La déception :
<< Boudìou, qu’y fait froid aujourd’hui… >>
Par contraction, se dit aussi Boudìe, en traînant sur le I, et sans prononçer le E…

Bouger (ne pas) : Ne pas changer. Ne pas vieillir. S’emploie uniquement par la négative.
<< J’ai vu Magali l’autre jour au marché, hè bè tu me crois si tu veux, elle a pas bougé !… >>
Note : Le prénom Magali, dans son orthographe provençale, ne prend pas de E.

Bougre (bougrement): A l’origine, désigne les hérétiques.
Aujourd’hui, ce mot a perdu de sa force pour prendre une connotation beaucoup plus affective,
Le mauvais bougre est devenu :
<< Tè ! vé le petit Gaston, c’est un bon bougre, y fait les courses à sa Mamé… >>
Peut se transformer en adverbe de renforçement :
<< il joue bougrement bien, ce pitchoun !… >> *cet enfant

Boule (avoir la) : Avoir le trac, être anxieux. Ne pas confondre avec le français avoir les boules :
<< Le petit Marius, pour son 1er match devant du public, en entrant sur le terrain, il avait la boule. >>

Bouléguer : Forme francisée du verbe provençal boulégà, bouger, partir.
S’emploie aussi bien conjugué, qu’à l’infinitif.
La 2ème personne du présent provençal (dans son sens ironique): << Bouléguès pas, hè !… >>,
équivaut en français : << surtout ne te bouges pas, hein !… >>.
Au sens propre, ça donne : << Arrête de bouléguer comme ça, tu me donnes le vire-vire* !… >> *le tourni
La 1ère personne du pluriel de l’impératif provençal << Zou ! boulégan !… >>,
correspond à << Allons-y, partons !… >>

Braillette : Braguette, évidemment. Mais à l’origine, ce n’était pas la fermeture éclair,
mais la fente qui se trouvait sur le devant des brailles :
<<Ferme un peu ta braillette, tu vas prendre froid !… >>

Bramer : geindre, pleurer, se plaindre.
Se dit aussi d’une personne qui n’arrête pas de faire des réflexions, des remarques :
<< La Maîtresse, elle a fait que bramer aujourd’hui… >>

Bras-cassé : Bon à rien (et mauvais en tout…), paresseux.
Peut même désigner un joueur de ballon particulièrement maladroit de ses pieds :
<< Ces joueurs de Septèmes, qué bande de bras-cassés… >>

Brave : Rien avoir avec le sens français courageux.
Peut signifier gentil, pas trés dégourdi :
<< Dis, t’es bien brave, mais va un peu jouer ailleurs, je vois pas le match… >>
Ou désigner quelqu’un de cœur, mais un peu niais :
<< Vouèï, il est brave, mais à force, y me gonfle… >>
Ou encore devenir un adjectif d’amplification :
<< Oh Bonne-Mère, y a un brave Mistral aujourd’hui !… >>

Brègues (faire les) : Faire la gueule. Issu du provençal brègo, mâchoire.
En français, on dira faire une tête de six pieds de long. A Marseille, on dit :
<< Depuis que Lyon est champion de France, le Marius y fait les brègues… >>

Brèle, brélon : A l’origine, la brèle, c’est le mulet. Et malgré que le bestiau soit très robuste,
et très dégourdi dans les chemins escarpés, le mot a pris un sens inverse aujourd’hui.
La brèle, c’est devenu le nul, le bon à rien, le négligeant :
<< Regarde-moi ce Reynald Pédros, qué brèle, celui-là encore !… >>
Par extension, la brèle (ou le brélon) désigne un deux-roues à moteur dont on se demande
comment il (ou elle) marche encore :
<< Si tu me promets qu’il tiendra jusqu’au ballètti, j’accepte que tu me chales sur ton brélon… >>

Broque : Même origine que le brocante français.
Désigne la confirmation péjorative d’une façon de se tenir, de parler, ou de s’habiller :
<< Ce Fernand, y s’habille comme une broque, c’est une vraie estrasse… >>

Source: http://site.voila.fr/planetemassalia/plcpm.html

Gabriel

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